Mercure dans le thon : que révèle vraiment l’opération de transparence de Petit Navire ?

Petit Navire a lancé une opération inédite : permettre aux consommateurs d’envoyer leurs boîtes de thon pour une analyse indépendante en laboratoire.
Une initiative qui intervient dans un contexte où plusieurs études européennes ont mis en évidence des niveaux variables de mercure dans les conserves.

Est-ce que Petit Navire prend des risques ? Est-ce que le thon est un aliment sans danger ? Pouvons-nous consommer du thon sans risques ?

  1. Les données récentes montrent que la contamination au mercure est réelle mais très hétérogène selon les espèces de thon :
    • 10 % des thons dépassent le seuil réglementaire de 1 mg/kg
    • Ces dépassements concernent principalement certaines espèces plus bio accumulatrices, notamment :
EspèceTeneur typique en mercure
Listao (skipjack)0,3–0,5 mg/kg
Germon (thon blanc)0,35–0,55 mg/kg
Albacore (yellowfin)0,4–0,6 mg/kg
Obèse (bigeye)0,6–0,9 mg/kg
Thon rouge (bluefin)souvent > 1 mg/kg

Les dépassements > 1 mg/kg proviennent quasi exclusivement des espèces obèse et rouge, rarement du Listao (le plus utilisé en conserve).

Conclusion scientifique : le risque d’avoir une boîte > 1 mg/kg chez Petit Navire est faible voire quasi inexistant car la majorité des conserves vendues en France utilisent du Listao, l’espèce la moins contaminée. Les analyses montrent que la grande majorité des boîtes se situent entre 0,3 et 0,6 mg/kg, bien en dessous du seuil réglementaire.

Petit Navire connait parfaitement les risques qu’il prend, c’est bien joué au niveau marketing !

2. Ce que cache cette opération est que le véritable enjeu est la consommation régulière, pas la boite isolée :

  • Le mercure (sous forme de méthylmercure) a un effet cumulatif dans l’organisme, avec une demi‑vie d’environ 50 jours. Ce n’est donc pas la consommation ponctuelle d’une boîte qui pose problème, mais une consommation répétée, surtout de thons plus contaminés.

  • Prenons un exemple concret proposé par l’OMS :
    • Dose hebdomadaire tolérable : 1,6 µg/kg/semaine.
    • Pour un adulte de 70 kg : 112 µg/semaine
    • Une portion de 150 g de thon à 0,5 mg/kg apporte donc 75 µg.
    • Une portion par semaine ça passe, mais si on consomme 2 portions par semaine on dépasse la dose, bien sûr sans danger immédiat, mais à éviter sur la durée.

Conclusion scientifique : la consommation régulière de thon peut devenir nocive et il vaut mieux éviter une consommation de 300 grammes de thon par semaine.  Il faut aussi ajouter que les autorités scientifiques recommandent de limiter fortement les poissons prédateurs (thon, espadon, marlin) aux femmes enceintes ou allaitantes, aux femmes en âge de procréer et aux jeunes enfants.

Conclusion : L’opération de Petit Navire semble une belle opération marketing sans trop de risques. La teneur des thons consommés en boîte reste inférieure aux seuils et il est donc possible de consommer du thon de façon épisodique sans danger pour la santé. Le thon n’est pas un aliment à consommer régulièrement car il a un effet cumulatif dans l’organisme.  Il faut aussi souhaiter que les teneurs en mercure restent relativement faibles…


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