La due diligence stratégique n’est pas un exercice de conformité !

C’est un test de réalité, celui qui révèle si une entreprise crée réellement de la valeur… ou si elle en consomme sans le savoir. Dans les missions d’investissement, j’observe toujours les mêmes sujets clés — et les mêmes écueils qui faussent les décisions. Quelques repères utiles.

1. Comprendre le marché au-delà des slides Résilience réelle : comment le marché a-t-il réagi aux crises passées (COVID, inflation, ruptures logistiques) Mécanismes de création de valeur : pricing power, switching costs, barrières technologiques, dépendance à la réglementation Écueil classique : se contenter de TAM/SAM/SOM théoriques sans analyser la capturabilité du marché. Exemple : un marché en croissance peut être totalement capté par 3 acteurs intégrés… et donc inaccessible.

2. Identifier les risques qui changent la thèse d’investissement Nouveaux entrants : vitesse d’entrée, intensité capitalistique,… Géopolitique : dépendance à des zones à risque, volatilité réglementaire,… Concurrence : dynamique de parts de marché, agressivité prix,… Personnes clés : risque de départ, dépendance excessive à 1–2 profils,… Supply chain : concentration fournisseurs, dépendance MP critiques, résilience logistique Capex : besoins réels sur 5–7 ans, inflation des coûts industriels,… Écueil classique : sous-estimer les risques “lents” (capex, dépendance RH, obsolescence SI) car ils ne sont pas visibles dans les 12 prochains mois.

3. Tester la capacité de l’organisation à porter la croissance Maturité managériale Processus commerciaux et marketing Culture data Gouvernance et reporting Écueil classique : croire qu’une organisation qui fonctionne à 20 M€ fonctionnera à 50 M€. La scalabilité n’est jamais un acquis.

4. Challenger les hypothèses de croissance Segmentation fine de la top line Analyse des prix réellement pratiqués Élasticité prix, mix produit, mix client Réalisme des ramp-up commerciaux Écueil classique : des hypothèses “Excel” qui supposent un alignement parfait des planètes.

5. Évaluer la stratégie et la maturité ESG Matérialité des enjeux Risques réglementaires à horizon 3–5 ans Gouvernance et transparence Écueil classique : confondre communication ESG et performance ESG.

6. Mesurer l’attractivité réelle de la marque Notoriété vs préférence Capacité à justifier un premium Cohérence entre promesse et expérience client Écueil classique : se fier aux déclarations internes sans écouter le marché.

7. Tester la robustesse du système d’information Architecture, dette technique, cybersécurité Scalabilité et intégration Dépendance à des solutions obsolètes ou non maintenues Écueil classique : négliger le SI car “ce n’est pas stratégique”. C’est pourtant souvent le premier frein à la croissance.

En résumé Une due diligence stratégique réussie, c’est celle qui révèle les angles morts et permet d’ajuster la thèse d’investissement avant qu’il ne soit trop tard.


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